Devenez Freelance

Tarifs & revenus

Comment calculer son TJM de freelance (méthode + exemple)

Du revenu net visé au tarif journalier : la méthode en cinq étapes, un exemple complet en micro-entreprise et les erreurs de prix à éviter.

Devenez Freelance

Le tarif journalier moyen, ou TJM, est le chiffre le plus important de votre activité, et celui que la plupart des débutants fixent au doigt mouillé. J’ai longtemps cru qu’il suffisait de regarder ce que facturaient les autres. C’est une erreur : un TJM ne se copie pas, il se calcule, à partir de votre revenu cible, de vos charges et de vos frais.

Cet article déroule la méthode en cinq étapes, avec un exemple chiffré entièrement transparent. L’objectif est que vous repartiez avec un nombre que vous comprenez et que vous savez défendre. Les taux cités sont ceux de 2026 et peuvent évoluer. Pour la vue d’ensemble charges, TVA et impôt, voyez le guide tarifs et revenus du freelance.

La méthode en cinq étapes

L’idée directrice : on calcule un TJM à l’envers, en partant de ce qu’on veut gagner, pas de ce qu’on espère facturer.

Étape 1 — Définir son revenu net mensuel visé

Combien voulez-vous toucher, pour vous, chaque mois, une fois tout payé ? C’est votre point d’ancrage. Soyez réaliste : ce montant doit couvrir votre vie personnelle et vous laisser épargner.

Étape 2 — Annualiser

Multipliez ce net mensuel par douze. Vous obtenez le revenu net que votre activité doit dégager sur l’année. C’est ce chiffre que tout le reste va venir « habiller » de charges et de frais.

Étape 3 — Ajouter les charges sociales selon le statut

Vos cotisations sociales viennent en plus de votre revenu net. Le calcul dépend de votre statut.

  • Micro-entreprise (services) : les cotisations valent 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé. Comme elles se calculent sur le CA et non sur le net, on raisonne en remontant du net vers le CA nécessaire.
  • TNS (EI au réel, EURL) : environ 45 % du revenu net que vous vous versez.
  • Assimilé salarié (SASU) : environ 75 à 80 % du net versé en rémunération.

Étape 4 — Ajouter les frais professionnels

Faites la liste de ce que coûte votre activité sur l’année : logiciels et abonnements, assurance responsabilité civile professionnelle, matériel, déplacements, expert-comptable, formation, mutuelle. Additionnez : c’est un montant annuel à couvrir par votre chiffre d’affaires.

Étape 5 — Diviser par les jours réellement facturables

Une année ne compte pas 365 jours vendables. Retirez les week-ends, les congés, les jours fériés, la maladie, et surtout la prospection et l’administratif, qui ne sont jamais facturés. Il reste en pratique 200 à 220 jours facturables pour un agenda bien rempli, souvent moins quand on débute.

C’est l’étape que les débutants oublient le plus. Diviser par 220 plutôt que par 250 change radicalement le résultat. Et un freelance qui démarre tourne parfois autour de 150 jours facturés sa première année : si votre TJM est calculé sur 220 jours mais que vous n’en vendez que 150, votre revenu net réel s’effondre.

Un exemple chiffré, de bout en bout

Prenons un cas simple et transparent : vous visez 2 500 € net par mois, vous êtes en micro-entreprise (prestations de services) et vous estimez vos frais professionnels à 3 000 € par an (logiciels, assurance, matériel, comptabilité). Posons les hypothèses : cotisations sociales de 21,2 % du chiffre d’affaires, impôt mis de côté à part, et 210 jours facturables sur l’année.

ÉtapeCalculRésultat
Revenu net visé2 500 € × 1230 000 € / an
+ Frais professionnels+ 3 000 €33 000 € à couvrir
Chiffre d’affaires nécessaire33 000 € ÷ (1 − 0,212)≈ 41 900 € de CA
÷ Jours facturables41 900 € ÷ 210≈ 200 €/jour

Votre TJM plancher tourne donc autour de 200 €. En dessous, vous ne couvrez pas vos charges. Au-dessus, vous commencez à dégager une vraie marge et à pouvoir épargner. Notez que l’impôt sur le revenu n’est pas inclus ici : selon votre foyer, prévoyez de mettre de côté une part supplémentaire (voir le versement libératoire).

La règle de pouce. Pas le temps de tout détailler ? Multipliez par deux votre revenu net ramené à la journée. Pour 2 500 € net sur ~17,5 jours travaillés par mois, cela donne ≈ 143 €/jour × 2 ≈ 285 €. C’est un majorant rapide qui intègre une marge de sécurité ; affinez-le ensuite avec le calcul détaillé ci-dessus.

Les erreurs de tarification du débutant

  • Copier le TJM des autres. Les baromètres reflètent des profils tech et seniors. Votre tarif dépend de vos charges et de vos jours facturables, pas de ceux du voisin.
  • Diviser par trop de jours. Calculer sur 250 ou 300 jours, c’est se condamner à travailler à perte dès la première semaine de congés.
  • Oublier l’impôt. Les cotisations sociales ne sont pas l’impôt sur le revenu. Mettez de côté à part.
  • Confondre TJM et revenu. Un TJM de 400 € ne fait pas 400 € dans votre poche : enlevez charges, frais et jours non vendus.
  • Ne jamais réévaluer. Votre TJM se relève avec l’expérience et la demande. Revoyez-le au moins une fois par an.

Une fois votre tarif posé, il reste à le défendre face aux clients — et surtout à en trouver. La suite logique : trouver ses premiers clients et comprendre l’ensemble charges, TVA et impôt.

Devenez Freelance · à jour 2026

Questions fréquentes

Comment calculer son TJM quand on est freelance ?

Partez du revenu net mensuel que vous voulez, annualisez-le, ajoutez vos charges sociales selon votre statut, ajoutez vos frais professionnels, puis divisez le total par le nombre de jours réellement facturables dans l’année (200 à 220, pas 365). Le résultat est votre TJM plancher : en dessous, vous travaillez à perte.

Pourquoi diviser par 200 à 220 jours et pas par 365 ?

Parce qu’on ne facture pas tous les jours de l’année. Il faut retirer les week-ends, les congés, les jours fériés, la maladie, et surtout le temps consacré à la prospection et à l’administratif, qui ne sont jamais facturés. Il reste en pratique 200 à 220 jours vendables pour un agenda bien rempli, souvent moins quand on débute.

Quelle est la règle de pouce pour fixer son TJM ?

Votre TJM doit valoir environ le double de votre revenu net ramené à la journée. Ce coefficient d’environ deux absorbe les cotisations sociales, les frais professionnels et les jours non facturés. C’est une estimation rapide à affiner ensuite avec le calcul détaillé selon votre statut.

Un débutant doit-il calculer son TJM comme un senior ?

La méthode est la même, mais les hypothèses changent. Un débutant facture moins de jours (agenda à remplir, prospection chronophage) et démarre souvent avec un revenu cible plus modeste. Mieux vaut un TJM qui couvre vraiment vos charges sur peu de jours qu’un tarif aligné sur les baromètres que personne n’acceptera de vous payer.

Faut-il inclure ses frais professionnels dans le TJM ?

Oui, impérativement. Logiciels, assurance, matériel, déplacements, comptable, formation, mutuelle : tout cela sort de votre poche et doit être couvert par votre tarif. Estimez vos frais annuels et intégrez-les avant de diviser par vos jours facturables, sinon votre revenu net réel sera inférieur à votre cible.

Mon TJM peut-il évoluer dans le temps ?

Oui, et c’est sain. Le TJM se révise à la hausse avec l’expérience, les références accumulées, la spécialisation et la demande pour vos compétences. Recalculez-le au moins une fois par an, en réintégrant vos vrais frais et votre nouveau revenu cible.

À lire dans la foulée

Dans la même veine