La micro-entreprise pour freelance : le guide 2026
Le guide 2026 de la micro-entreprise : plafonds, taux de cotisations, TVA, versement libératoire, ACRE et déclaration de chiffre d'affaires.
La micro-entreprise — l’ancien « auto-entrepreneur » — est de loin le statut le plus utilisé par les freelances qui débutent. Et ce n’est pas un hasard : la création est gratuite et se fait en ligne en quelques minutes, la comptabilité est réduite au minimum, et vos cotisations sont calculées en pourcentage de ce que vous encaissez réellement. Pas de chiffre d’affaires un mois ? Pas de cotisations. C’est un filet de sécurité précieux quand on se lance.
Pour autant, la micro n’est pas la solution universelle. Elle a des plafonds, elle ne permet pas de déduire ses frais réels, et plusieurs règles fiscales (TVA, versement libératoire, ACRE) méritent qu’on s’y arrête avant de signer. Tous les chiffres ci-dessous sont ceux de 2026 et peuvent être revalorisés, généralement au 1er janvier. En cas de doute, la référence reste urssaf.fr et service-public.gouv.fr.
Ce qu’est la micro-entreprise
La micro-entreprise n’est pas une forme juridique à part : c’est une entreprise individuelle qui bénéficie d’un régime micro-social et micro-fiscal simplifié. Concrètement, vous exercez en votre nom propre, votre patrimoine personnel est protégé par défaut depuis la loi du 14 février 2022, et vous déclarez votre chiffre d’affaires à l’URSSAF chaque mois ou chaque trimestre. Pas de bilan comptable, pas de comptes annuels à déposer.
C’est le point d’entrée naturel pour tester une activité, démarrer en complément d’un emploi, ou se lancer sans prendre de risque financier. Pour situer ce statut parmi les autres, voir notre pilier quel statut juridique pour devenir freelance.
Pour qui c’est idéal, et ses limites
La micro est idéale si vous :
- débutez et voulez tester votre activité sans risque ni paperasse,
- avez peu de frais professionnels (ordinateur, abonnements, et c’est à peu près tout),
- visez un chiffre d’affaires raisonnable, en dessous des plafonds.
Elle devient pénalisante si vous :
- avez beaucoup de dépenses pro (matériel, déplacements, sous-traitance) : la micro taxe le chiffre d’affaires brut, pas la marge,
- approchez ou dépassez les plafonds,
- voulez une meilleure protection sociale ou verser des dividendes.
Dans ces cas, regardez plutôt SASU ou EURL.
Plafonds de chiffre d’affaires 2026
Pour rester en micro-entreprise, votre chiffre d’affaires annuel HT ne doit pas dépasser :
| Activité | Plafond 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises, denrées, hébergement | 203 100 € |
| Prestations de services (BIC) et professions libérales (BNC) | 83 600 € |
| Activité mixte | total inférieur à 203 100 €, dont services inférieurs à 83 600 € |
Ces plafonds remplacent les anciens seuils (188 700 € et 77 700 €) pour la période 2026-2028. Attention à ne pas les confondre avec les seuils de TVA, bien plus bas (voir plus loin).
Taux de cotisations sociales 2026
Vos cotisations sociales sont un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Elles couvrent l’ensemble de votre protection sociale (maladie, retraite, allocations familiales).
| Catégorie | Sans versement libératoire | Avec versement libératoire |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | 13,3 % |
| Prestations de services (BIC) | 21,2 % | 22,9 % |
| Professions libérales non réglementées (BNC) | environ 25,6 % | 27,8 % |
| Professions libérales CIPAV | 23,2 % | 25,4 % |
Le taux des professions libérales non réglementées (BNC) suit une trajectoire de réforme des retraites : c’est un ordre de grandeur 2026, à confirmer sur urssaf.fr. Rappel important : ces taux s’appliquent sur le chiffre d’affaires, pas sur le bénéfice. Si vos frais sont élevés, vous cotisez quand même sur le brut.
La franchise en base de TVA (et l’histoire du seuil à 25 000 €)
Tant que vous restez sous le seuil de franchise, vous ne facturez pas de TVA : vos factures portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Voici les seuils 2026 :
| Activité | Seuil de base | Seuil majoré (tolérance) |
|---|---|---|
| Vente / hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services (BIC/BNC) | 37 500 € | 41 250 € |
Sous le seuil de base, pas de TVA. Si vous dépassez le seuil majoré, vous devenez redevable de la TVA dès le 1er jour du mois de dépassement.
Un mot sur un sujet qui a fait beaucoup de bruit : le projet de loi de finances 2025 prévoyait un seuil unique de TVA à 25 000 € pour tous les micro-entrepreneurs. Cette mesure aurait fait basculer une grande partie des indépendants dans la TVA. Après une forte mobilisation, elle a été reportée puis abandonnée : en 2026, les anciens seuils sont maintenus toute l’année. Le sujet reste politiquement instable, donc gardez un œil sur le PLF 2027.
Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu
Plutôt que d’intégrer votre bénéfice au barème de l’impôt sur le revenu, le versement libératoire vous permet de payer l’IR en même temps que vos cotisations, à un taux fixe appliqué sur le chiffre d’affaires :
- Vente / hébergement : 1 %
- Prestations de services (BIC) : 1,7 %
- Professions libérales (BNC) : 2,2 %
Ce taux s’ajoute aux cotisations sociales. Condition : votre revenu fiscal de référence N-2 par part de quotient familial doit être inférieur à environ 29 315 € (pour une option en 2026, on regarde le RFR 2024). Le versement libératoire n’est intéressant que si votre foyer est imposable ; sinon, vous payeriez un impôt que vous n’auriez de toute façon pas dû.
Les abattements du micro-fiscal classique
Si vous n’optez pas pour le versement libératoire, votre bénéfice imposable est calculé en appliquant un abattement forfaitaire à votre chiffre d’affaires :
| Activité | Abattement | Minimum |
|---|---|---|
| Vente / hébergement (micro-BIC) | 71 % | 305 € |
| Services (micro-BIC) | 50 % | 305 € |
| Libéral (micro-BNC) | 34 % | 305 € |
Le bénéfice imposable correspond donc à votre chiffre d’affaires multiplié par (1 moins l’abattement), ajouté aux autres revenus de votre foyer et soumis au barème de l’IR. Vous ne pouvez pas déduire de frais réels en plus de cet abattement.
L’ACRE : une réforme au 1er juillet 2026
L’ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales en début d’activité. Elle change profondément au 1er juillet 2026 :
| Avant le 01/07/2026 | À partir du 01/07/2026 | |
|---|---|---|
| Taux d’exonération (micro) | 50 % | 25 % |
| Attribution | quasi-automatique | non automatique, publics ciblés |
En micro, l’exonération court jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d’activité (soit environ 12 mois selon la date de création). À partir de juillet 2026, l’ACRE vise des publics précis : demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA ou de l’ASS, 18-25 ans, moins de 30 ans en situation de handicap, créateurs en quartier prioritaire (QPV) ou zone France ruralités revitalisation (ZFRR). Il ne faut pas avoir bénéficié de l’ACRE dans les trois années précédentes. La demande se fait auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant la création.
La CFE : exonération la première année
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est totalement exonérée la première année d’activité, automatiquement. La base est ensuite réduite de 50 % la deuxième année, et vous êtes exonéré si votre chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 000 €. Le montant varie selon votre commune.
Comment déclarer son chiffre d’affaires
La déclaration se fait sur votre espace personnel de l’autoentrepreneur.urssaf.fr, au choix tous les mois ou tous les trimestres (choix fait à la création). Vous déclarez le chiffre d’affaires encaissé sur la période, l’URSSAF calcule automatiquement vos cotisations (et le versement libératoire si vous l’avez choisi), puis prélève. Même si votre chiffre d’affaires est nul, vous devez déclarer « 0 ». Pour la création de votre compte et l’immatriculation, voir notre guide s’inscrire à l’URSSAF.
À retenir. La micro-entreprise est le meilleur tremplin pour la plupart des freelances : simple, peu coûteuse, sans risque sur le patrimoine. Surveillez trois choses en 2026 : les plafonds de chiffre d’affaires (83 600 € en services), les seuils de TVA (37 500 € en services, le seuil unique à 25 000 € ayant été abandonné), et la réforme de l’ACRE au 1er juillet (de 50 % à 25 %). Et n’oubliez pas : la micro taxe le chiffre d’affaires brut, donc dès que vos frais grimpent, comparez avec une société.
Pour aller plus loin
Si votre activité grandit, l’étape suivante est souvent la société : notre comparatif SASU ou EURL vous aide à choisir. Pour fixer vos prix en intégrant ces cotisations dans votre calcul, passez par notre outil calculer son TJM. Et pour replacer la micro parmi tous les statuts, revenez au pilier quel statut juridique pour devenir freelance.
Questions fréquentes
Quels sont les plafonds de la micro-entreprise en 2026 ?
En 2026, le plafond de chiffre d'affaires est de 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. Ces montants remplacent les anciens seuils de 188 700 € et 77 700 €.
Quel est le taux de cotisations d'un freelance en micro-entreprise ?
En 2026, il est de 21,2 % du chiffre d'affaires pour les prestations de services (BIC), environ 25,6 % pour les professions libérales non réglementées (BNC), 23,2 % pour les libéraux CIPAV et 12,3 % pour la vente. Ces taux s'appliquent sur le chiffre d'affaires encaissé, pas sur le bénéfice.
À partir de quand un micro-entrepreneur doit-il facturer la TVA ?
Dès qu'il dépasse le seuil de franchise : 37 500 € en prestations de services ou 85 000 € en vente en 2026. Le seuil unique de 25 000 € qui avait été envisagé a été abandonné, les anciens seuils sont maintenus toute l'année 2026.
Le versement libératoire est-il intéressant ?
Il permet de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, à un taux fixe (1,7 % du chiffre d'affaires en services par exemple). Il n'est avantageux que si votre foyer est imposable, et il est réservé aux revenus de référence (RFR) sous un certain plafond.
L'ACRE existe-t-elle toujours en 2026 ?
Oui, mais elle change au 1er juillet 2026 : l'exonération passe de 50 % à 25 % des cotisations, et elle n'est plus automatique. Elle vise désormais des publics ciblés (demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA, jeunes, etc.), avec une demande à l'Urssaf dans les 60 jours suivant la création.
Paie-t-on la CFE la première année en micro-entreprise ?
Non. La cotisation foncière des entreprises est totalement exonérée la première année d'activité, automatiquement. Elle est ensuite réduite de moitié la deuxième année, et reste exonérée si le chiffre d'affaires ne dépasse pas 5 000 €.