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Choisir son statut

SASU ou EURL : quel statut choisir en freelance ?

Comparatif 2026 SASU vs EURL pour freelance : régime social du dirigeant, fiscalité, dividendes, protection sociale et coût de gestion.

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Quand l’activité grandit, beaucoup de freelances quittent la micro-entreprise pour passer en société. Deux formes dominent chez les indépendants seuls : la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) et l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée). Toutes deux limitent votre responsabilité à vos apports, mais elles diffèrent profondément sur un point décisif : le régime social du dirigeant, et donc le coût des charges et le niveau de protection.

Il n’y a pas de gagnant universel. Le bon choix dépend de combien vous voulez vous verser en salaire, de votre besoin de protection sociale et de votre stratégie de dividendes. Je vous présente les deux honnêtement, avec les chiffres 2026 (susceptibles d’évoluer, généralement au 1er janvier). Avant de trancher, faites chiffrer votre cas par un expert-comptable et vérifiez les taux sur impots.gouv.fr et urssaf.fr.

Pourquoi passer en société ?

On envisage la SASU ou l’EURL pour trois raisons principales :

  • Dépassement des plafonds micro. Au-delà de 83 600 € en services (plafonds 2026), la micro-entreprise n’est plus possible et la société s’impose. Pour situer ce seuil, voir notre guide la micro-entreprise pour freelance.
  • Déduire ses frais réels. Contrairement à la micro qui taxe le chiffre d’affaires brut, une société est imposée sur son bénéfice réel : vous déduisez matériel, déplacements, sous-traitance, logiciels, etc.
  • Optimiser sa rémunération. L’arbitrage entre salaire et dividendes, impossible en micro, devient un vrai levier en société.

La contrepartie est une gestion plus lourde : statuts à rédiger, capital, compte bancaire dédié, comptabilité d’engagement et comptes annuels. C’est un changement de dimension par rapport à la micro.

Le régime social du dirigeant : le point clé

C’est ici que tout se joue.

  • SASU — président assimilé salarié. Il relève du régime général de la Sécurité sociale (hors assurance chômage). Sa protection sociale est meilleure (notamment retraite et indemnités), mais les charges sont lourdes : environ 75 à 80 % du net versé. Avantage majeur : aucune cotisation s’il ne se verse pas de rémunération.
  • EURL — gérant associé unique TNS. Il relève du régime des travailleurs non salariés, avec des charges d’environ 45 % du revenu net, soit bien moins qu’en SASU. Mais il cotise sur un minimum forfaitaire même sans rémunération, et sa protection est plus légère.

En résumé : l’EURL coûte moins cher en charges mais protège moins et cotise même à vide ; la SASU protège mieux mais le salaire y coûte beaucoup plus.

Pour rendre l’écart concret, prenons un dirigeant qui souhaite se verser 2 000 € net par mois. En EURL (TNS, charges d’environ 45 % du net), il faut dégager autour de 900 € de cotisations en plus, soit un coût social proche de 2 900 € pour 2 000 € en poche. En SASU (assimilé salarié, ~75 à 80 % du net), le même revenu net coûte de l’ordre de 1 500 à 1 600 € de cotisations supplémentaires, soit un coût social qui peut approcher 3 600 €. Ce sont des ordres de grandeur illustratifs, à affiner par un expert-comptable selon votre situation, mais ils montrent pourquoi le salaire est nettement plus cher en SASU. À l’inverse, ce surcoût finance une protection sociale plus solide : c’est exactement l’arbitrage que vous devez faire.

La fiscalité : IS ou IR

  • SASU : à l’impôt sur les sociétés (IS) par défaut. Le bénéfice est taxé à 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà. Les bénéfices restants peuvent être distribués en dividendes ou laissés dans la société.
  • EURL : à l’impôt sur le revenu (IR) par défaut, avec une option possible pour l’IS. À l’IR, le bénéfice est directement imposé entre vos mains au barème progressif ; à l’IS, c’est le même mécanisme que la SASU.

Le choix IR/IS de l’EURL est stratégique : l’IR peut être intéressant en début d’activité ou en cas de déficit, l’IS quand on veut piloter sa rémunération et capitaliser dans la société.

Les dividendes : l’écart décisif

C’est l’un des arguments les plus forts en faveur de la SASU.

  • SASU : les dividendes ne supportent jamais de cotisations sociales. Ils sont soumis à la flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux). Un relèvement de cette flat tax a été évoqué dans le cadre du PLF 2026 : à revérifier sur impots.gouv.fr.
  • EURL : la part de dividendes supérieure à 10 % du capital social est soumise aux cotisations TNS, ce qui les alourdit nettement par rapport à la SASU.

Pour un freelance qui souhaite se verser peu de salaire et privilégier les dividendes, la SASU est donc structurellement plus favorable sur ce point.

Protection sociale et coût de gestion

Côté protection, l’assimilé salarié de la SASU bénéficie d’une couverture proche de celle d’un cadre (hors chômage), généralement supérieure à celle du TNS de l’EURL — à condition de se verser un salaire, sans quoi il ne cotise pas et ne se protège donc pas davantage.

Côté gestion, les deux formes demandent un expert-comptable, un compte bancaire dédié et des comptes annuels. La SASU est souvent perçue comme un peu plus souple statutairement, l’EURL comme un cadre plus encadré par la loi. Dans les deux cas, comptez plusieurs centaines à plus d’un millier d’euros par an d’expertise comptable. La gestion du quotidien d’une société est traitée dans notre pilier gérer son activité de freelance.

Quand basculer de la micro vers la société

Le passage en société n’est pas qu’une question de plafond. Plusieurs signaux doivent vous alerter :

  • Vos frais réels deviennent significatifs. Tant que vous payez des cotisations et de l’impôt sur un chiffre d’affaires brut qui ne reflète pas votre marge, vous laissez de l’argent sur la table. La déduction des charges en société peut alors faire pencher la balance.
  • Vous approchez les plafonds micro. Mieux vaut anticiper que se retrouver contraint de changer de statut en cours d’année, avec les complications de TVA et de comptabilité que cela suppose.
  • Vous voulez capitaliser dans la structure. Une société à l’IS permet de laisser des bénéfices à l’intérieur (taxés à 15 % jusqu’à 42 500 €) plutôt que de tout sortir et de tout faire imposer au barème de l’IR.
  • Vous cherchez une meilleure couverture sociale. C’est l’argument en faveur de la SASU, à condition de vous verser un vrai salaire.

Gardez en tête que le changement a un coût : frais de création (statuts, annonce légale, immatriculation), comptabilité d’engagement, et une charge mentale supérieure. Faites systématiquement chiffrer le « avant/après » avant de sauter le pas.

Tableau comparatif SASU vs EURL (2026)

CritèreSASUEURL
DirigeantPrésident assimilé salariéGérant associé unique TNS
Charges socialesenviron 75-80 % du netenviron 45 % du net
Cotise sans rémunération ?Non (aucune cotisation)Oui (minimum forfaitaire)
Fiscalité par défautIS (15 % puis 25 %)IR (option IS possible)
DividendesJamais de cotisations, flat tax 30 %Part au-delà de 10 % du capital chargée (TNS)
Protection socialeMeilleure (régime général, hors chômage)Plus légère (SSI)
ResponsabilitéLimitée aux apportsLimitée aux apports
Souplesse statutaireÉlevéeEncadrée par la loi

Ces ordres de grandeur sont ceux de 2026 et peuvent évoluer.

Laquelle pour quel profil ?

  • Vous voulez la meilleure protection sociale et comptez vous verser un vrai salaire : la SASU est cohérente, malgré son coût social élevé.
  • Vous privilégiez les dividendes et un salaire faible : la SASU encore, grâce à des dividendes non chargés.
  • Vous voulez minimiser les charges sur votre rémunération et acceptez une protection plus légère : l’EURL, avec ses ~45 % de charges, est plus économique — à condition de tenir compte des cotisations minimales et des dividendes chargés.
  • Vous débutez et restez sous les plafonds micro : la société est sans doute prématurée. Restez en micro et réévaluez plus tard. Revoir quel statut juridique pour devenir freelance.

À retenir. SASU et EURL limitent toutes deux votre responsabilité, mais s’opposent sur le régime social : la SASU (assimilé salarié, ~75-80 % de charges) offre une meilleure protection et des dividendes non chargés (flat tax 30 %) ; l’EURL (TNS, ~45 % de charges) coûte moins cher mais cotise même sans revenu et charge la part de dividendes au-delà de 10 % du capital. Le bon choix dépend de votre arbitrage salaire/dividendes et de votre besoin de protection. Faites chiffrer votre cas avant de décider.

Pour aller plus loin

Si vous hésitez encore à quitter la micro, comparez d’abord les régimes dans notre guide de la micro-entreprise pour freelance. Pour une vue d’ensemble de toutes les options, revenez au pilier quel statut juridique pour devenir freelance. Et une fois votre société créée, organisez son fonctionnement avec notre pilier gérer son activité de freelance.

Devenez Freelance · à jour 2026

Questions fréquentes

Quelle est la principale différence entre SASU et EURL ?

Le régime social du dirigeant. En SASU, le président est assimilé salarié (régime général, charges d'environ 75 à 80 % du net, meilleure protection). En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié (charges d'environ 45 % du net, protection plus légère).

Quelle société paie le moins de charges sociales ?

L'EURL, avec environ 45 % du revenu net contre 75 à 80 % en SASU. Mais l'EURL cotise même sans rémunération via un minimum forfaitaire, et sa part de dividendes supérieure à 10 % du capital est soumise aux cotisations TNS.

Comment sont imposés les dividendes en SASU et en EURL ?

En SASU, les dividendes ne supportent jamais de cotisations sociales et sont soumis à la flat tax de 30 % (12,8 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux). En EURL, la part de dividendes supérieure à 10 % du capital social est soumise aux cotisations TNS, ce qui les alourdit.

Peut-on ne pas se verser de salaire en SASU ?

Oui, et c'est un atout : en l'absence de rémunération, la SASU ne génère aucune cotisation sociale. En EURL au contraire, le gérant TNS cotise sur un minimum forfaitaire même sans revenu.

Quelle société choisir pour un freelance qui veut sortir des dividendes ?

Plutôt la SASU : ses dividendes ne sont jamais chargés socialement et ne supportent que la flat tax de 30 %. C'est souvent le choix de ceux qui se versent peu de salaire et privilégient les dividendes, au prix d'une protection sociale moindre s'ils ne se rémunèrent pas.

Société à l'IS ou à l'IR ?

La SASU est à l'impôt sur les sociétés par défaut. L'EURL est à l'impôt sur le revenu par défaut, avec une option possible pour l'IS. À l'IS, le bénéfice est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà, avant distribution éventuelle de dividendes.

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